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Sénégalais demandent justice

Le problème social du Besós, l'absence d'un tissu social solide et une relève démographique dénuée de médiation

05/01/2012

Miquel Àngel Essomba, directeur du Centre UNESCO de Catalogne, analyse les causes des émeutes du quartier du Besòs, qui ont provoqué la mort d'un homme.


Selon Miquel Àngel Essomba, qui a vécu pendant des années et travaillé en tant qu'éducateur dans le Besòs, le quartier a un important déficit du tissu associatif capable de formuler des propositions de relations et de coexistence. Il est à noter que les deux paroisses catholiques de l'arrondissement ont joué un rôle important dans l'histoire de ce quartier de 50 ans, surtout dans le renforcement des réseaux de personnes qui travaillent pour la communauté, et l'Institut du sud du territoire, le centre civique ou des associations comme Gregal, ont accompli une grande tâche pour la promotion des jeunes.

 

Mais pour un quartier de 25 000 habitants, c'est trop peu. Si on ajoute aussi l'emplacement périphérique par rapport à la ville et dans l'arrondissement même, le déficit chronique de transport public et d'infrastructures, le manque de tissu économique et de la proximité du quartier de la Mina Sant Adrià del Besòs, nous avons le cocktail parfait pour aggraver une situation de tension et de manque de coexistence.

 

Le Besòs n'est pas le Raval, c'est pourquoi les institutions publiques et privées n'ont alloué que de rares ressources au quartier. Le Besòs ne vend pas, et n'intéresse pas non plus les classes moyennes qui sont à la recherche d'un environnement social plus diversifié et multiculturel. Dans le domaine de l'éducation, les écoles ont une action positive mais limitée par les investissements, et l'éducation durant le temps de loisir n'existe pas encore : il y a bien un centre récréatif et une colonie - El Vaixell - depuis plusieurs années, mais avec des difficultés pour survivre, et ce n'est que l'année dernière, que le premier groupe Scout a été créé dans l'histoire du quartier.

 

À cette situation il faut ajouter un phénomène de vieillissement de la population et une substitution progressive des logements vides par des ressortissants étrangers, en  majorité pakistanais et sénégalais. Ce processus de remplacement de la population a été fait sans dispositifs solides de médiation permettant d'ouvrir des ponts de communication, de connaissance et de dialogue entre les nouveaux voisins, impliquant un repli sur soi et la ségrégation entre les groupes créés sur la base de l'origine.

Les solutions pour le Besòs, selon Essomba, passent par trois actions élémentaires. Tout d'abord, créer un équipement culturel au coeur du quartier. Très près de là il y a le complexe du Forum et Diagonal Mar, mais les deux espaces se trouvent au-delà des frontières symboliques qui délimitent le Besòs. Il est nécessaire d'attirer des gens de toutes sortes dans les rues et les places du quartier. Deuxièmement, il est essentiel d'effectuer un investissement important dans la promotion de l'associationnisme, mais pas récréatif ou vindicatif - il y a déjà des clubs de danse ou la traditionnelle association de voisins - sinon transformateur, avec des personnes de l'extérieur qui croient en cette communauté de quartier et avec des habitants du quartier, qui veulent faire de l'activisme social. Et, troisièmement, il faut faire un travail de rue très important, avec les travailleurs, les éducateurs sociaux et les médiateurs culturels, pour créer des espaces de reconnaissance qui pemerttent de prévenir des situations de violence et promouvoir le vivre-ensemble, loin d'une coexistence basée sur le conflit latent.


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